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Comment le Cloud Computing change le travail des développeurs

Il est temps de se réinventer !
04 Octobre 2016

Une tribune de Vincent Thavonekham, MVP Microsoft Azure et collaborateur VISEO

Vincent Thavonekham, Microsoft Practice Manager VISEO Technologies, MVP Azure ainsi que Microsoft IoT Cloud Platform Advisor, s'attarde sur la révolution Cloud Computing, au moment de s'exprimer lors de son talk orienté retour d'expérience de projets Azure IoT "large scale" (MicroServices, portage d'Amazon, ASP.Net Core) à Microsoft Experiences 2016.

Qui aurait pu croire un seul instant que le domaine du développement de logiciels informatiques serait bouleversé, non pas à cause d’une n-ième technologie ou du dernier langage de programmation, mais du fait d’un autre changement radical ? Vous vous rappelez sûrement du concept de "l'autoroute de l'information", cette heureuse formulation politico-marketing datant de la fin des années 90 ? Aujourd'hui, cela vous dit encore quelque chose ? De la même façon, on nous parle depuis 2006 de "Cloud Computing", parfois traduit en français par "informatique dans les nuages".

Un nouveau concept fumeux ?

Au départ seuls les concepteurs visionnaires chez Amazon (la libraire en ligne), ou plus tard Microsoft, en 2008, ou encore Google, qui ont identifié le potentiel et emboîté le pas, pouvaient deviner l’ampleur de cette révolution. Aujourd'hui, elle s’accélère et commence à être visible pour tous les mordus de nouvelles technologies.

Il s'agit réellement d'une véritable innovation. Pour deux raisons. D’une part, comme toujours les entreprises ont plus que jamais besoin de créer ou d'acquérir des logiciels, pour être plus compétitives que leurs concurrentes.

D’autre part, une grande partie de la population s’intéresse de plus en plus à l’Internet des Objets connectés, aussi appelé « IoT » (« Internet of Things »), et elle commence tout juste à en comprendre l’utilité: « je veux avoir un "baby-phone" qui propose un film de mon bébé dans sa chambre sur mon téléphone, alors que je fais la fête à une centaine de mètres de là; je suis un industriel, et je veux que mes colis ne subissent aucun choc thermique lors de leur acheminement par avion ou par bateau ».

Tous ces objets connectés étaient, par le passé, développés dans leur coin avec des normes volontairement obscures, les rendant ainsi uniques... mais surtout peu utiles, puisque les autres industriels ou particuliers aguerris ne pouvaient pas exploiter ces objets. Un besoin d'industrialisation et de standardisation des échanges d'informations était nécessaire, impliquant nécessairement un appui sur le Cloud. 

Les nouvelles possibilités apportées par le Cloud

Dans ce domaine, IBM sort gagnant, avec des standards de communication éprouvés (MQTT, MQ Telemetry Transport sur des projet "M2M", Machine to Machine). D'autres, telles que des associations comme agileiot.org, se sont essayés à industrialiser les méthodologies de gestion de projets de ces objets connectés. Deux besoins qui existent toutefois depuis belle lurette ! Mais ce qui change, ce sont les possibilités nouvelles amenées par le Cloud.

La Volumétrie. On arrive à des échelles de consommations exponentielles, que les ordinateurs et les logiciels "classiques", même les plus puissants, ne peuvent plus gérer.

La puissance de calcul du Cloud Computing en 2016. Les logiciels qui permettent de cacher la complexité de ces calculs, dits "distribués", autrefois uniquement réservés à des agents secrets, des hackers ou une élite de chercheurs en molécules qui lançaient des grid (grilles) de calculs sur tous les fonds d'écrans du monde afin de résoudre rapidement des problèmes mathématiques, sont désormais accessibles au grand public. Les plus réfractaires au Cloud, c’est-à-dire à cette puissance de calculs et ses traitements simplifiés, avancent toujours qu'ils ont LE meilleur serveur du moment, avec à l'intérieur 64 CPU et énormément de mémoires dédiés à ces calculs, et qu'ils n'ont pas besoin de mieux...  Jusqu'au jour où l'expérience leur démontrera qu'un Public Cloud permettrait de doubler la vitesse de calcul de leurs serveurs monstrueux à configuration équivalente.
Sur le Cloud, la puissance de calcul est quasi-infinie. C'est évident que les utilisateurs, des assureurs jusqu'aux concepteurs de films 3D, en passant par les chimistes, seraient soulagés de passer de 3 jours d'attente d'un résultat de calcul à 1 heure d'attente afin de continuer à travailler (c'est le concept de Big Computer avec des notions mathématiques que je vous épargne pour l’heure !). 

La simplification de la programmation. "Monsieur Plus" : Le besoin incessant de battre la concurrence, d'obtenir des prix bas, de livrer le plus rapidement possible, pousse trop souvent les professionnels de l'informatique à produire des logiciels bâclés sacrifiant la qualité. Nul besoin de sortir de Polytechnique pour comprendre que si cette dernière est négligée et les tests du logiciels bâclés, des bugs apparaitront inévitablement.

Les leaders mènent la révolution Cloud

C’est en décembre 2015, que la révolution du Cloud Computing dans le domaine de l'IoT eut lieu. Face à ce besoin d'accélération et pour contrer le manque de qualité de logiciels produits, Les leaders du monde du Cloud ont engagé cette révolution. Amazon et Microsoft Azure, qui jouent des coudes sur ce segment de marché, ont sorti tour à tour, fin 2015, des plateformes révolutionnaires pour l'IoT, respectant des standards.

Terminé le syndrome de "je suis le plus puissant, et j'impose mes standards" : un développeur peut coder sur Amazon puis, si l'envie lui dit, il peut déplacer cela chez Amazon (AWS) ou l'utiliser chez lui, sur un petit serveur. Par le passé, du fait de la non-standardisation, nous avions la problématique du "vendor lock" (traduction littérale : « enchaîné à l’éditeur »). Evidemment, au-delà des standards, chaque éditeur va proposer une solution spécifique "hors standard" qui sera mieux que celle du concurrent.

Même si tous les plus grands s'y mettent, avec plus ou moins d'enrobage marketing, force est de constater qu'une plateforme IoT complète se monte bout à bout dans un Cloud en 15 minutes. C'est une notion de PaaS ("Plateform as a Service") où l'intégralité de la plateforme est là, opérationnelle, à nous attendre, un peu comme si nous allions chercher un plat à emporter, sans avoir à cuisiner quoi que ce soit. Là où, par le passé, il était très réaliste pour des professionnels de considérer 2 ou 3 mois de travail : choix et assemblage des bonnes "briques", puis 3 autres mois pour ajuster, tester et détecter des bugs. Au final, il s'écoulait 3 mois à un an avant qu'un projet informatique ne puisse devenir opérationnel. ll est parfois possible de constater des projet stériles de 2 ou 3 ans. 

Le client, roi et gagnant de cette transformation

En 2016, c'est donc, terminé les innombrables nuits blanches à faire du travail inutile : quelques malheureux clics, et le travail est terminé ! Et le pire, c'est que malgré cette accélération le client se dit toujours: "oui, mais 2 jours d'atelier pour monter l'architecture IoT, c'est trop long pour moi. Je veux que cela aille plus vite !". Que voulez-vous, on ne changera pas le client ! C'est lui qui nous pousse à nous améliorer in fine.

Le travail du développeur a donc changé. Il se retrouve à devoir comprendre un portefeuille de briques de "Lego" qu'il aurait à assembler. Chaque brique étant indépendante, s'il remonte des bugs, ces derniers seront isolés et facilement détectables.  

Par conséquent, le temps du développeur "savant fou" qui voulait réinventer le monde en "re-fabriquant" encore et encore des logiciels semble révolu. Son travail limite son degré de liberté et d'inventivité, contraint par un framework et il se doit d'apprendre et de respecter des architectures "standards".

Il devient néanmoins plus simple pour un autre membre l'équipe de reprendre son travail. Enfin et surtout, cela représente un gros bénéfice pour le client final qui achète le produit : il dispose à présent d'une application de meilleure qualité, à un prix mécaniquement plus faible, puisqu'il sera réalisé en moins de temps

Contactez Vincent Thavonekham!