LinkedIn Google Plus Twitter Email

Le recrutement à l'ère de l'intelligence artificielle

Une tribune de Roméo Christian Laleye, Consultant Digital/Product Owner VISEO Digital & Quentin Bardet, DGA VISEO Digital, publiée dans "Le Cercle Les Echos" et "Le journal de l'éco"
24 Octobre 2017

Passerez-vous vos prochains entretiens d’embauche avec un robot?

Roméo Christian Laleye, Consultant Digital/Product Owner VISEO Digital & Quentin Bardet, DGA VISEO Digital nous parlent de l’automatisation de la fonction RH via notamment l’Intelligence Artificielle.

Big data, analytics, digitalisation, prédictif… les termes d’ordinaires réservés à la révolution du marketing digital s’introduisent maintenant dans le service RH. Sélection des CV, sourcing, évaluation des compétences, analyse de la personnalité, prise de rendez-vous, entretien et relation candidat: bien peu de tâches au cœur de la fonction de recrutement semblent échapper au mouvement d’automatisation que permet le numérique et les technologies cognitives. Aussi, à force de voir les chatbots et l’Intelligence Artificielle prétendre prendre une place croissante dans le recrutement, on peut s’interroger sur l’avenir des humains dans cette fonction: serez-vous recruté par un robot pour votre prochain job?

De fait, les opportunités du numérique sont gigantesques – des tâches du process de recrutement sont répétitives et sans valeur et le numérique a toute sa place pour venir appuyer l’acquisition des meilleurs talents par les entreprises.

Intelligence Artificielle, une solution pour mieux identifier les meilleurs candidats et gagner en temps?

Questionnez un recruteur sur ses tâches les plus fastidieuses, il vous répondra incontestablement le tri des CV. Bien qu’aujourd’hui les ATS (Applicant Tracking System) permettent d’affiner les recherches, notamment par mots clés, le recruteur doit toujours étudier un gros volume de candidatures pour faire son choix – sur la base, en outre, d’un jugement biaisé des préjugés inconscients qu’il peut avoir envers les candidats. Face à ce scénario, le recours à l’Intelligence Artificielle aidera les recruteurs à aller plus vite, à être plus efficace et réduira grandement le risque des biais des recruteurs: elle peut ignorer l’âge, le genre, l’origine sociale et le diplôme du candidat. Grâce à des algorithmes, l’expertise, l’expérience, les compétences pourront être vite repérées et ressortiront les candidatures les plus pertinentes. Aussi, l’Intelligence Artificielle sera capable d’analyser les choix des mots, le langage et les expressions faciales des candidats, dans le but d’évaluer leurs émotions et d’identifier les principaux traits de personnalité nécessaires pour le poste. Véritable gain de temps, cette analyse comportementale permettra de filtrer plus rapidement les bons profils et va rendre le recruteur plus efficace en lui donnant des informations additionnelles, notamment sur le taux de réussite dans le poste ou l’adéquation avec la culture d’entreprise. Le recruteur pourra ainsi se baser sur des évaluations plus objectives des candidats avant de décider ou non de consacrer du temps à un entretien physique. Selon Harvard Business Review, la fiabilité de l’Intelligence Artificielle serait 25% supérieure à celle de l’homme. Les performances de recrutement peuvent donc être optimisées grâce à l’IA.

Des risques pour le métier de recruteur?

Bien sûr, ces ruptures technologiques peuvent constituer un risque, comme tout outil mal utilisé. Mais nous pensons que l’Intelligence Artificielle ne va pas tant remplacer le recruteur que servir d’aide à la décision dans le processus de recrutement: elle lui permettra de gagner du temps afin qu’il puisse se concentrer sur les tâches à forte valeur ajoutée et à des sujets plus complexes sans jamais prendre sa place.

C’est finalement un «recruteur augmenté» qui se dessine; à l’instar du banquier, appuyé de son robo-advisor, du service de relation client, précédé du chatbot, ou de l’ouvrier de demain, intégré dans l’usine 4.0, le recruteur de demain gagnera en productivité grâce à l’automatisation de tâches sans valeur ajoutée et en pertinence grâce au traitement d’informations en masse pour l’éclairer. Il pourra ainsi se recentrer sur ce qui nous semble éminemment humain et à haute valeur : fixer une stratégie d’acquisition et de gestion des talents, apprécier l’adéquation d’une personnalité et de la culture d’un service et de l’entreprise, négocier la juste rémunération et dicter à l’intelligence artificielle ce qu’il veut. Un process robotisé au service d’une appréciation humaine éclairée: le futur sera forcément algorithmique ET humain. Alors, prêts à bientôt soumettre votre CV à une Intelligence artificielle?
 

Retrouvez notre tribune dans son intégralité sur Le Cercle Les Echos et sur Le Journal de l'Eco